« j’écris pour poser sur papier ce que je voudrais raconter, ce qui m’anime, m’empêche, m’inconforte, je crois en la force des récits individuels pour dire des choses communes,
je suis écrivaine, mais aussi cuisinière, j’ai un lien particulier à la notion de partage, de créer des choses pour les donner à ressentir, des va et vient entre nos corps, nos bouches et les paysages qui les nourrissent,
mes mains, les mains, sont un outil : pour écrire, pétrir, manger - ça va et vient par nos doigts, nos mains, ça traverse nos corps, on ingère, régurgite, écoute, raconte…
pour cette résidence j’ai pour projet d’écrire une forme plurielle, qui parle de nos monstruosités, de ce qui s’agite en nous, s’emmêle à l’intérieur de nous, ce qui nous tord les boyaux, nous fait verser des larmes et s’étouffer de joie - des corps pleins, multiples que nous habitons - de corps qui se transformerait aussi pour mieux habiter le monde et prendre la place qui est la leur. »
Début 2026, actoral accueille Justine Langella en résidence d'écriture à La Cômerie.
Justine Langella raconte des histoires, elle prélève dans le réel et dans l’intime des éléments qui permettent de dire une histoire commune. Une forme de fiction collective pour allumer les imaginaires. Tout provient des mêmes endroits, d’un seul et même paysage, un paysage sans fin àplusieurs tableaux. Sa pratique est proche du diorama, elle raconte les couleurs, les formes, les gestes, elle voit les images comme des collages de couches les unes sur les autres. Ce sont des épaisseurs qui constituent un point de vue sur le monde. Des éléments qui se placent au devant d’autres le temps de dessiner une scène, un prélèvement d’instant de vie populaire et banal. C’est dans les choses intimes et secrètes qu'elle trouve de l’intérêt. Dans ce qui nous paraît anodin mais qui nous lie. Dans les gestes du quotidien, nos chorégraphies, nos postures, nos manières d’habiter le monde.