DANCE MACHINE est un solo ou un duo, qui reprend une série de danses “virales” popularisées dans des contextes hispano-américains des années 1990 : Saturday Night (1994) ; la Macarena (1996) ; le Madison (2000) ; Asereje, The Ketchup Song (2002). À la fois nostalgie et mal d’archive, la performance reprend, répète et varie ces chorégraphies avec le défi de les faire siennes, en mode pirate.
actoral accueille l'artiste franco-mexicain·e Águila Leite pour une résidence au plateau, dans la chapelle de La Cômerie.
“Dance Machine” fait référence à l’émission télévisée dictant les charts, antre des vidéoclips, mais aussi à ces jeux vidéos en libre accès - tapis de danse multicolores installés dans les centre commerciaux - où l’on apprenait les chorégraphies des pop stars. En cette époque pré-Internet, les pas de ce nouveau répertoire chorégraphique s’inscrivent déjà dans des flux online et offline : le folklore contemporain circule du plateau tv au centre commercial, du vidéoclip à la maison, du jeu vidéo au mariage. Just before Youtube. Just before JustDance. Just before Tiktok.
À la base de la danse, il y a la potentialité de sa disparition : comment archiver la danse ? Ou plutôt, la danse n’est-elle pas elle-même une archive ? Peut-être s’agit-il ici de faker l’archive, la détourner, l’épuiser, en vue de trouver sa macarena, à soi. DANCE MACHINE pose la question de l’écriture du corps comme espace d’auto-détermination, traversé par différentes temporalités : comment les danses d’hier habitent-elles encore l'artiste et interprète, et comment pointent-elles vers un autre espace-temps, vers un potentiel futur ?
Direction artistique Águila Leite
Chorégraphie Águila Leite & Ibai Jimenez Gorostizu-Orkaiztegi
Interprétation
version solo - Águila Leite
version duo - Águila Leite & Ibai Jimenez Gorostizu-Orkaiztegi
Musique Nadia El Hakim
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Águila Leite est un·e artiste franco-mexicain·e autodidacte, basé·e à Marseille. Diplômé·e de Sciences Po Paris, iel se spécialise dans le secteur de la performance suite à un travail de recherche sur des performativités queer, pensées comme des micropolitiques de résistance. Portant sur le geste social et ses possibles défigurations, son approche de la danse explore les potentialités de création d’un corps politique, en essayant de rendre visible autrement. Ses principaux centres d’intérêt sont intimement liés aux minorités et pratiques minoritaires. Iel associe recherche, création et curation, qui fonctionnent dans son travail comme des vases communicants. Sa méthodologie puise tant dans les arts scéniques et visuels que dans les sciences sociales.
Iel s’est formé·e auprès d’Ana G. Zambrano, a collaboré en tant que performeur·euse avec plusieurs chorégraphes (Tomás Pintos, Nicolas Poggi, Selma et Sofiane Ouissi) et s’est produit·e dans diverses institutions (Rencontres Chorégraphiques de Seine Saint-Denis, Fondation Pernod Ricard, Southbank Centre...). Iel a par ailleurs été assistant·e de Samantha Ozer, directrice de TONO Festival (MX), et de Christophe Susset, directeur de la Ménagerie de Verre (FR). Iel travaille aujourd’hui aux côtés de (LA)HORDE au Ballet national de Marseille.